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Totto-Chan de Tetsuko Kuroyanagi

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Résumé : 

L'histoire se déroule dans les années quarante à Tokyo. L'héroïne est une petite fille impulsive, imaginative, intrépide : elle passe ses journées à ouvrir et à fermer son pupitre ou à parler aux musiciens de rue par la fenêtre pendant la classe. Bref, elle ne tient pas en place, elle est insupportable mais ne s'en rend pas compte. Sa maîtresse se voit contrainte de la renvoyer de l’école. Ses parents décident alors de l’inscrire dans un établissement privé Tomoe dirigé par M. Sosaku Kobayaski. Cet établissement est l'école de la dernière chance. Le directeur y a mis tout son amour, sa patience, sa soif de connaissances pour en faire une école atypique où les enfants se retrouvent au centre du système éducatif, où ils apprennent par la pratique plutôt que par la théorie. Totto-chan est éblouie par cette école où de vieux wagons de trains font office de salle de classe, mais aussi par cet extraordinaire directeur capable de l’écouter parler pendant 4 heures d’affilées, et maintenant "adulte" par cet homme qui a su mette à mal ( ou à profit ) les abérations de systèmes d'enseignement qu'il pensait " trop rigides".
 
" Avant de fonder son école, M. Sôsaku Kobayashi s’était rendu en Europe afin de voir comment l’on enseignait aux enfants à l’étranger. Il avait alors visité de nombreuses écoles primaires et s’était entretenu avec des éducateurs. Et un jour, à Paris, il avait fait la connaissance de Jacques-Dalcroze, aussi brillant pédagogue que compositeur. Celui-ci s’était longtemps demandé comment apprendre aux enfants à écouter et à ressentir la musique avec leur cœur plutôt qu’avec leurs oreilles, comment éveiller leur sensibilité afin qu’ils perçoivent la musique comme un tout vivant, en mouvement, et non comme une matière inerte, sans vie. Et finalement, l’idée lui était venue, en regardant des enfants sauter dans tous les sens, d’inventer une gymnastique fondée sur le rythme et à laquelle il donna le nom de " rythmique" "

Encadrée de façon à pouvoir réellement s'épanouir, Totto Chan nous fait vivre des aventures drôles et touchantes, lors desquelles elle développera au mieux ses aptitudes, sera maître de son destin, apprendra à connaître et à aimer les autres sans préjugés physiques, raciaux ou sociaux. Les règles ne lui seront pas dictées par une autorité « bienveillante » mais suivront uniquement le bon sens et le respect. 

Mon commentaire :

Selon le directeur « Rien n'est plus à craindre en ce monde que d'avoir des yeux incapables de voir la beauté, des oreilles incapables d'apprécier la musique, un esprit incapable de saisir la vérité et un coeur incapable de s'enflammer »
Nous pourrions penser qe cet homme n'était autre qu'un démagogue de plus au service d'un système bel et bien rigide...mais il n'en est rien...Les fondations même de son établissement laissaient place à l'enfance, à l'humanité par le rêve et l'imagination! 
En effet, combien d'enfants rêveraient d'avoir cours dans les wagons d'une vieille locomotive? Beaucoup certainement...et bien lui l'a fait simplement, et réellement. L'auteur en postface nous dit : ."Tout ce que j'y décris s'est réellement passé. Je n'ai rien inventé. Il m'a suffi de puiser dans mes souvenirs - et par chance, il m'en restait beaucoup", 

Je rebondis aussi sur le style du livre que beaucoup trouvent trop simple ( en effet bcp autour de moi ont fait ce commentaire)
Personnellement, je trouve cette simplicité de bon ton car le directeur de l' école ne cherchait pas à éveiller l'enfant par le biais d'un tas de chichi pédagogiques inutiles - que seuls les adultes sont parfois capables d'assimiler - mais en procédant via une démarche simple : entrenir la magie de l'enfance pour permettre à ces derniers de mieux assimiler certains savoirs. L'instituteur se devait donc d'agir de façon simplifiée; ce que le style du livre reflète; avec ses mots d'enfant.
Comment l'auteur qui se place en tant qu'enfant et qui a cherché à montrer que l'enfance dans sa plus grande simplicité pouvait ouvrir des tas de portes, aurait-il pu le faire en utilisant un tas de phrases complètement alambiquées? Le style aurait alors été à l'encontre même du message passé par cette histoire.
Pour ma part, j'ai donc aimé ce style simple, car je trouve que bien loin de faire de ce livre un récit simpliste, il met en valeur la réflexion menée, ce, en la soulignant.

Alors à tous, et surtout aux adultes sceptiques et réfractaires, ou trop adultes tout simplement, je ne peux dire qu'une chose " bonne lecture et que l'enfant qui sommeille en vous puisse donner libre court à sa légitimité".

 
Autre livre non traduit en français :
- Les enfants de Totto-chan, qui relate l'expérience de l'écrivaine au service de l'Unicef.

Film d'après son oeuvre :
- Totto-Chan (Totto Chanel, 1987), réalisé par Omori Kazuki. Plusieurs nominations et récompenses dans des festivals.


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luunah 20/08/2008 15:47

merci pour votre commentaire, je souhaite qu'il insite d'autres personnes à lire ce fabuleux livre!

Olivier Magnani 01/07/2008 16:30

Bonjour,Je suis le traducteur de Totto-chan. J'ai lu votre post avec grand intérêt. Je suis heureux de constater que vous ayez bien cerné le problème du "style" de l'auteur. Il est vrai que beaucoup de lecteurs francophones le trouvent trop "simple", trop "enfantin". Or, justement, l'auteur souhaitait écrire dans un style qui soit compréhensible même des plus jeunes lecteurs. D'où la difficulté à traduire cette oeuvre dans un français ni trop compliqué, ni trop niais...Je vous souhaite encore davantage de bonnes lectures !