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Lundi 29 mai 2006 1 29 /05 /Mai /2006 17:05

 

      Un panneau en face de moi interpella mon regard, et je fus frappé par la netteté des contours et des tons. C'était un grand tableau sombre aux teintes ocre et bistre, peint avec une vigueur candide et une rigueur des lignes qui ma fascina. J'oubliai me fatigue et me levai pour le regarder.

       Intrigué par le tumulte discipliné de l'oeuvre, la symétrie parfaite des lances et des plumes plantées dans les armets, il me semblait que je me trouvais au milieu d'une bataille. j'entendais la clameur sourde d'une lutte, le choc de boucliers contre armures, le bruit métallique des cuirasses, des épées, des glaives, les hénissements des chevaux enchevêtrés, harnachés de pourpre et d'or, dont deux gisaient au sol, l'un agonisant, l'autre figé par la mort. Je sentais l'odeur  acre du sang, celle plus aigre des chevaux, et velle, humide, palpable, de la terre retounée par les sabots. Derrière la violence de la bataille s'étirait un paysage tranquille; des vendengeurs travaillaient dans les vignes, et un chien poursuivait des lièvres à traverts champs.

        Happé par ce que je voyais, je ne savais plus l'heure, le lieu, ni qui j'étais. Le temps s'était arrêté ; je n'entendais plus le brouhaha du musée, mais la rumeur de l'affrontement, et je m'imprégnais de chaque détail avec une avidité qui m'était inconnue. Alors que j'étudiais l'harmonie de l'oeuvre, son ordre géométrique, la dynamique puissante de ses perspectives, je pris conscience de la rapidité de mon souffle.

        Emporté par la musique du tableau, je ne m'étais pas rendu compte que mon coeur emballé battait la chamade comme une machine folle. Je posai une main sur ma poitrine, y captai des pulsations que je trouvai trop rapprochées. Je fus saisi d'épouvante ; ma tête se mit à tourner, mes membres à trembler. J'étais certain que  là, au pîed de la bataille, mon coeur allait lacher. Je parvins à me retourner vers le banc, sous l'oeil indifférent des touristes. J'attendis Mathieu, la main sur mes côtes.

 

Résumé :

Bruce Boutard, informaticien bourru et misogyne de 40 ans, souffre d'une rare maladie cardiaque. Seul une greffe peut le sauver. Lors de sa convalescence, en Toscane, son nouveau coeur va se mettre à battre comme un fou devant un tableau d'un maître de la renaissance, Paolo Ucello. Pour la première fois, Bruce va se poser des questions... Sa personnalité, ses goûts, son caractère ont changé. Qui était son donneur ? Et c'est alors que Bruce va partir sur les traces de son donneur dont la vie était pleine de secrets.

 

Mon commentaire :


Ce livre a été pour moi un pure délice. Pour les amateurs d'art, comme moi, c'est un réel plaisir que de suivre les tumultes sentimentaux que la peinture  de Paollo Ucello provoque chez Boutar...et aussi de découvrir la raison plus profonde de ces tumultes. Ce roman enchaîne intrigues sur intrigues ; quand on pense tout savoir on se trompe...C'est une richesse des mots, de l'image, des sentiments. On est loin de l'histoire d'amour basique. T de Rosnay  nous confronte à une autre phylosophie. Il y a bien longtemps une certaine civilisation pensait déjà que l'âme ( conscience ) ne résidait pas dans la tête mais dans le coeur.

Par alexiane - Publié dans : littérature adulte
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Lundi 15 mai 2006 1 15 /05 /Mai /2006 15:20

 

Elle se souvint de l'étrange attitude de sa mère et de l'odeur immonde qui flottait dans la maison. Elle s'en ouvrit à Morphée.
     - Ramo et Kealb font du trafic d'alcool, c'est clair, conclut Morphée. Si la Sécurité l'apprend, ils sont bons pour la prison?
     - Chut ! l'interrompit Natanae. Kealb parle de nous !
    
 - ? vu Natanae avec ce mec.
     - Ouais, je sais. Il s'appelle Morphée ? Et alors ?
     - Et alors ? Merde ! C'est le fils de Loewy !
     - La fille de ta femme fricote avec le fils du Premier Dirigeant des Novi Electi, et toi, tu ne bronches pas ?
ajouta un homme visiblement incrédule.
     - Quoi ? s'étrangla Ramo. Qu'est-ce qu'elle magouille c'te chieuse ?
     - Fais gaffe, Ramo ! Si elle ou son petit copain fourrent le nez dans notre trafic, on est foutu !
     - T'inquiète pas, grinça Ramo en se reprenant, j'en fais mon affaire.
     La menace était claire. Les deux adolescents en avaient assez entendu. Ils s'éloignèrent du hangar et allèrent se cacher au fond d'un bateau, sous une bâche.
     - J'ai peur, murmura Natanae.
     Elle tremblait. Instinctivement, Morphée passa son bras autour des épaules de son amie.
     - J'ai peur et j'étouffe ! L'Archebulle est une vraie prison, s'écria-t-elle. Je sais, je ne devrais pas te dire ça. Tu es un fils de Novi Electi.
     Morphée resta un moment silencieux.
     - Tu y vas un peu fort, répliqua-t-il. Une prison dorée, peut-être?
     - Dorée ? le coupa Natanae, s'étranglant à moitié. Pour toi, peut-être, mais pas pour nous, je t'assure ! Dis-moi, Morphée, que pense ton père du continent ? Tu ne crois pas que cette terre est une chance pour tous les habitants de cette Archebulle, enfermés depuis vingt ans ?


Le résumé :


  La Guerre Ultime a ravagé la planète. Gaïa s'est révoltée et a noyé l'humanité dans un gigantesque océan de larmes. Seule étincelle de vie, une Archebulle construite avant la folie humaine flotte, ballottée aux grés des courants. A l'intérieur de cette Archebulle de plusieurs dizaines de kilomètres carrés recouverte par un dôme énergétique, vivent quelques milliers d'habitants sous l'autorité " éclairée " des Novi Electi.


Mais au fil des années, les principes écologiques qui ont servi de base à la création de l'Archebulle sont de plus en plus dévoyés par la classe dirigeante.


Natanae est une fille sauvage, issue du quartier des pêcheurs, maltraitée par son beau-père, qui ne rêve que de liberté.


Morphée est le fils du plus haut dirigeant des Novi Electi qui ne rêve que de poésie et de théâtre (les arts sont interdits dans l'Archebulle).


Un événement inattendu, l'abordage d'une terre émergée sauvage, va permettre à ces deux adolescents que tout oppose de se rencontrer. Parviendront-ils à percer le mystère de l'Archebulle et à fuir celle-ci, devenue une prison ?


Mon commentaire :

Dommage que l'histoire s'arrête là où elle devrait commencer. C'est un peu comme avec Dragon Ball ( même si le genre n'a rien à voir!) , j'adore mais on attend toujours le coup final qui ne vient jamais (ou après x épisodes...) A mon grand regret car ce pourrait être  un roman de grande qualité; les personnages sont attachants, l'histoire vraiment bien pensée, la peur de l'inceste et de la violence est décrite si subtilement que nous sommes nous même opressés par l'angoisse.Natahalie Le Gendre, nous tient quand même jusque la fin....Donc quit à nous tenir aussi bien, elle aurait pu continuer un peu!
Par alexiane - Publié dans : littérature jeunesse
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Mardi 9 mai 2006 2 09 /05 /Mai /2006 13:33

 

 «  Kaena coinça son carnet entre son ventre et son pagne, et fouilla les   environs du regard. Les lignes brisées et sombres d'autres ramifications se devinaient dans la mer de brume. La crainte ancestrale d'être happée par le Grand Néant domina pendant quelques instants la peur de finir dans la gueule du monstre. 
     Le sharken se dégagea et fondit sur elle dans un froissement d'ailes assourdissant. Un réflexe poussa Kaena à lâcher prise. Elle tomba dans la brume comme une boule de mousse sèche. Elle eut la sensation de sombrer dans toutes ses terreurs d'enfant. Des branchages ralentirent sa chute. La progression de son poursuivant s'accompagnait de craquements, de halètements rauques. Elle saisit un rameau un peu plus épais ; il ploya sous son poids, mais ne rompit pas. Elle y resta suspendue jusqu'à ce qu'elle aperçoive, dix ou douze pas plus bas, une énorme branche-mère. Elle risquait de se rompre les os, mais le sharken, très proche maintenant, ne lui laissait pas le choix. 
     Elle se laissa happer par le vide. Traversa un enchevêtrement de ramilles - un nid ? - que la brume, de plus en plus épaisse et froide, avait soustrait à son regard. Se reçut avec dureté sur une fourche. Le bois, pourtant épais, se fendit dans un craquement sinistre. 
     Se voyant perdue, Kaena n'eut d'autre ressource que de crier, instinctivement : 
     - Axis, Axis, protège-moi ! »

 

Résumé :


Kaena et ses semblables, les Sapiens, ont toujours vécu sur Axis l'arbre-monde. lis n'ont jamais marché sur la terre ferme mais évoluent depuis des millénaires sur les branches de l'arbre gigantesque. A la mort des ses parents, Kaena est recueillie par le Grand Prêtre qui régit toute la vie de la communauté. Depuis quelque temps, Axis, son monde, l'inquiète. Rebelle et solitaire, elle brave les tabous de sa tribu et décide de faire ce qu'aucun Sapiens n'a encore fait : traverser la mer de nuages qui borde son monde

 

Mon commentaire  :


J'ai aimé ce livre tant par l'originalité de l'histoire, que par l'originalité des lieux ( qui n'a jamais rêvé de vivre dans un arbre géant ?! ), et des personnages....L'héroïne téméraire, lucide et solitaire  nous emmène dans un périple rebondissant lors duquel  elle n'aura de cesse de lutter contre l'asservissment de son peuple. Ce livre nous raconte de façon subtile son parcours initiatique, sa lutte et sa remise en question face au dogmatisme du Grand Prêtre. J'avais vu le film d'animation et   j'avoue l'avoir  trouvé très beau mais très plat ( enfin c'est le souvenir que j'en ai ....) donc au départ je n'avais même pas envie de lire l'adaptation....mais après l'avoir enfin lu (merci steph)...et bien je n'ai qu'une hâte revoir le film. je vous le conseille, il est vraiment très original.

 

Par alexiane - Publié dans : littérature jeunesse
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